Pirate-Parfum vous connaissez ? … Non ce n’est pas le nom d’une nouvelle gamme de céréales Tipiak (oui, on assume totalement cette blague chez Bonampak !) mais celui d’une nouvelle marque de parfumerie partie en guerre contre l’industrie du luxe. Leur cri de ralliement : « un parfum c’est 95% de marketing et seulement 5% de produit ». Surfant sur la vague de la crise, Pirate-Parfum entend donc bien renverser la tendance. Le jus, rien que le jus, des flacons identiques pour toutes les fragrances (blanc pour les féminins, noir pour les masculins) et une offre accessible uniquement via le net. Une idée au premier abord plutôt séduisante. Oui, sauf que comme le nom de la marque l’indique si bien, les parfums proposés sont inspirés directement des grands best-sellers de la parfumerie. Le site n’hésite d’ailleurs pas à proposer un moteur de recherche qui permet à l’internaute de naviguer vers le ou les parfums pirates dont la famille olfactive se rapproche le plus de sa demande. En d’autres termes, la marque met en correspondance ses propres parfums avec ceux de la concurrence composés des mêmes ingrédients principaux. Trésor de Lancôme par exemple renvoie directement au parfum Nassau et Alexandria de chez Pirate-Parfum.
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L’offre est alléchante pour le consommateur : des parfums de qualité (nez de Grasse, verrerie italienne) à un prix résolument attractif (30€ les 100ml) et possède le mérite de pointer du doigt un flou juridique. Car contrairement aux apparences, la démarche de Pirate-Parfum est totalement légale. La contrefaçon pour les parfums ne s’applique en effet que pour le nom et/ou le flacon, les droits d’auteur pour les parfumeurs n’existent pas et la Cour de Justice des Communautés Européennes, l’INPI et l’OMPI refusent catégoriquement d’enregistrer les marques olfactives (on invite ceux qui souhaitent en savoir plus à lire cet excellent article sur le droit d’auteur en parfumerie http://www.eurojuris.fr/fre/entreprises/marketing-ventes/marques-brevets/articles/a8814.html).

La démarche de Pirate-Parfum pose malgré tout une question d’éthique. Et l’argument hissé haut sur le site présentant la marque comme la seule griffe pouvant prétendre à 95 % de produit pour 5 % de marketing prend un peu l’eau au regard du fait que leur notoriété repose essentiellement sur la comparaison de leur produits avec les marques tant fustigées… Au final, un combat pas si loyal que cela donc.